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SOS ACTION SANTÉ
KINÉ
ON NE FERA PAS L’ÉCONOMIE D’UNE
RÉFORME CHIRURGICALE DE L’ASSURANCE MALADIE
Tout au long de notre histoire,
nous pouvons observer une lutte permanente entre deux types opposés d’organisation
sociale.
Le premier modèle est un modèle
de commandement autoritaire et centralisé, dans lequel la société est régie
par une bureaucratie étatique. Ce sont les caractéristiques fondamentales du
modèle socialiste.
Le deuxième est un modèle d’interactions,
où la vie en société consiste dans les choix volontaires et libres des
personnes directement concernées par les décisions. C’est le modèle
associé à l’économie de marché.
La bataille entre ces deux
visions a pris, au cours des siècles, différentes formes pour se traduire, à
l’époque récente, par l’opposition entre capitalisme et socialisme.
Le problème d’une économie
centralisée à la française est double.
D’abord, ce système
dépossède les gens de leur liberté ; ils ne peuvent plus choisir, ni décider
pour eux-mêmes, le contrôle bureaucratique monopolise la décision et les
oblige à l’exécuter.
Ensuite, ce système appauvrit l’ensemble
de la société, puisque la prospérité, pour être atteinte voire seulement
maintenue, exige que les personnes soient libres d’innover et récompensées
pour leur action.
La bureaucratie et les structures
intermédiaires sont évidemment un frein à l’innovation, dans la mesure où
ses membres n’ont ni l’information pertinente, ni la raison d’agir qu’auraient
des décideurs directement concernés.
Voilà pourquoi l’effet d’une
économie autoritairement centralisée est toujours la stagnation sociale et
économique, voire le déclin dans sa phase ultime. La question est de savoir,
comment passer d’un système à l’autre, à la fois du point de vue de la
faisabilité économique, mais aussi politique.
L’échec de la
gestion de la Sécurité sociale par le Ministère de l’Économie et des
Finances :
Depuis 1945, la Sécurité
Sociale coiffe, en un seul système, plusieurs branches dont les trois
principales sont la vieillesse, la famille et la maladie, elles-mêmes
découpées en plusieurs régimes de nature différente. Certes, sous les IV et
V Républiques, les commissions parlementaires, étudiant cette immense usine à
gaz, faisaient la part belle aux médecins, supposés spécialistes de l’assurance
maladie.
Mais, depuis de nombreuses
années, le Ministre en charge de la Sécurité sociale, celui qui présidait la
Commission des Comptes version 1987, celui qui présentait depuis 1996 la loi de
financement, était toujours étranger aux professions de santé.
En réalité, aussi bien pour l’assurance
maladie que pour toutes les autres branches, pour le régime général comme
pour tous les régimes qualifiés de spéciaux, d’autonomes ou d’alignés,
les décisions ont toujours été prises par le
Ministère de l’Economie et des Finances.
Le Ministère des Finances s’est
appuyé, depuis 1973, sur un système déguisé pour imposer ses vues : le
système des conventions médicales entre les syndicats des professionnels de la
santé et les 3 caisses d’assurance maladie, CNAMTS, CANAM, MSA.
Chacun sait que les syndicats des
professionnels de santé n’ont plus d’adhérents (cf. l’apparition des
coordinations médicales) ; de plus, le métier de soignant est assez loin de
celui d’économiste et encore plus loin de celui de gestionnaire.
Que de plus, ce type de
convention nationale, ayant fait suite au concept de conventions
départementales en 1973, a été rendu caduque par l’apparition d’une
convention minimum. Même sans signataire, le gouvernement peut ainsi continuer
à bloquer artificiellement les honoraires et prolonger les sanctions.
Et qu’enfin, les conseils d’administration
des caisses d’assurance maladie siègent pour la forme. Les présidents des
caisses nationales ne disposent que de pouvoirs très restreints. Ils ne sont
même pas supposés représenter l’organisme devant les tribunaux. Une
disposition discrète du Code de la Sécurité sociale prévoit que c’est le
Directeur, nommé par le gouvernement, de chaque caisse nationale et de l’ACOSS
qui représente chacun de ces organismes «en justice et dans chaque acte de
la vie civile. Il peut donner mandat à cet effet, à certains agents de la
caisse ou de l’agence». Cette loi avait pourtant la prétention d’organiser
«l’autonomie» des régimes de Sécurité sociale. Elle n’a pas
été réformée : au contraire, le plan Juppé de 1995 en a aggravé les
dispositions.
Pendant 5 ans, de 1996 à 2001,
on a voté un prétendu Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie
(ONDAM). On a considéré ce programme de rationnement comme représentatif d’une
politique de maîtrise des dépenses. A l’arrivée,
l’objectif fixé a toujours été dépassé et, d’année en année, il l’a
été plus largement.
La loi, votée cette année,
renonce explicitement à cette maîtrise, aux sanctions et au pourcentage «conservateur»
des années précédentes.
Tout semble donc apparemment de
nature à opérer une moindre rouspétance de la part des médecins et, plus
généralement, des quelques 500 000 personnes travaillant dans les professions
médicales.
Pourtant le coût de l’assurance
maladie reste aujourd’hui intenable pour l’économie française : les
gouvernements précédents ont été conduits à diminuer le nombre de lits dans
la plupart des hôpitaux publics, à « dérembourser » les médicaments, à
créer des quota pour les infirmières et les masseurs kinésithérapeutes, à
rationner les soins, à planifier pour les 20 ans à venir la démographie
médicale (argument avancé : s’il y a moins de médecins, il y aura moins de
prescriptions et moins de feuilles de soins à rembourser…).
Pourtant aujourd’hui,
impossible de masquer la réalité : il ne se passe pas une journée sans que
les patients ne découvrent l’effondrement de l’offre de soins et de sa
qualité, alors que leurs cotisations obligatoires et leurs demandes de soins ne
font qu’augmenter ; il ne se passe pas une journée sans que les professions
médicales, les structures hospitalières ne renoncent à pratiquer l’art du
soin alors même que leurs actes sont sous payés ; il ne se passe pas une
journée sans que l’on stigmatise le poids croissant des prélèvements
obligatoires sur l’économie de notre pays.
Une observation tant soit peu
objective de la réalité de l’évolution du système depuis le plan Juppé de
1995-1996, montre que le système monopoliste est, à l’évidence, voué à
l’explosion et que son coût sera de plus en plus intenable pour l’économie
française.
Si, désormais, notre pays est au
30ème rang mondial de la
compétitivité, il n’est pas possible de continuer à le pénaliser. Dure
réalité qui a ou aura un prix en terme politique un jour ou l’autre.
Veut-on
réellement baisser les charges sociales et rendre l’économie de notre pays
compétitive ?
La question centrale de ce débat
est de savoir qui doit prendre les décisions en matière de santé ? les
personnes concernées ou le Ministère de l’Economie et des Finances ?
En effet, il n’y a que deux
manières de maîtriser les coûts de la santé :
-
ou bien ce sont les hommes de
l’Etat avec leur bureaucratie qui décident des ressources de l’assurance
maladie et des traitements qu’il prétendent «appropriés»
-
ou bien le choix est fait par
les personnes directement concernées : cela s’appelle la responsabilité.
La 1ère hypothèse a montré ses
limites et ses conséquences sur l’économie de notre pays. Reste à explorer
la seconde :
LE LIBRE CHOIX EN MATIÈRE D’ASSURANCE
MALADIE
Chacun est libre et donc
responsable des sommes qu’il choisit de consacrer aux soins médicaux
directement ou indirectement par l’assurance maladie. Il n’y a pas d’ingérence
bureaucratique de la part d’un tiers qui se permet d’intervenir dans des
choix qui ne concernent que des individus.
La base du raisonnement actuel
est de résorber le déficit chronique de l’assurance maladie en diversifiant
les risques, le gros risque restant à la charge de la sécurité sociale, le
petit risque étant assuré par les mutuelles. Il s’agit là d’un transfert
de compétence au profit des mutuelles qui aura un coût variable selon les
désirs de chacun, voire même nul pour certains qui ne souhaitent pas s’assurer.
Notre proposition suppose la mise
en concurrence de la sécurité sociale par des compagnies d’assurance
privées françaises ou étrangères, assurant au premier franc, avec le même
cahier des charges que la sécurité sociale pour le gros risque. Pour la
couverture du petit risque, libre concurrence tant sur la hauteur des tarifs
remboursables que sur l’étendue des prestations.
Possibilité pour les entreprises
de choisir leur assureur, par secteur d’activité, et ainsi de passer des
contrats particuliers.
L’assurance doit être
obligatoire pour le gros risque, mais choisie par l’assuré en toute liberté.
La création d’un fond de
solidarité prendrait en charge les individus sans ressource, fond alimenté par
les communes, les départements et les régions.
La réforme de l’assurance
maladie en France ne doit reposer, ni sur la réglementation politique, ni sur
le malthusianisme corporatif, mais sur le
développement de l’offre d’assurance.
Mais elle n’est possible que si
l’assurance est réellement indépendante de l’Etat et si les contrats sont
entre les mains de professionnels de l’assurance, le rôle de l’Etat restant
celui de garantir la solvabilité des compagnies d’assurance.
Le principe fondamental de l’assurance
maladie est de couvrir le risque financier de l’acte médical, non de lutter
contre les pathologies.
L’élément essentiel de
régulation d’un système libre d’assurance santé est que le patient y soit
responsable, non seulement de ses choix médicaux, mais aussi de ses dépenses.
Aucun système d’assurance n’est
viable, si le patient peut décider n’importe quelle dépense, tout en
laissant la compagnie d’assurance payer les factures qui en résultent.
C’est pourquoi la prime doit
être actualisée, en fonction d’un risque évalué par des professionnels de
l’assurance. C’est pourquoi les contrats d’assurance normaux, non chargés
de taxes parafiscales, sans rapport avec leur objectif premier, définissent d’un
commun accord les types de services assurés, éventuellement fournis par qui et
dans quelles limites de prix.
Libéré de ce poids, l’Etat
pourra alors reprendre le monopole du cœur s’il le désire, ou là aussi
faire jouer la concurrence avec le système associatif, confessionnel ou
communautaire, pour une vraie solidarité aux exclus.
Enfin, les syndicats retrouveront
une juste place dans le traitement de l’information médicale au bénéfice de
leurs adhérents.
L’assuré social assisté
deviendrait consommateur éclairé
! donc responsable !
Le Droit
Communautaire : une solution politique ?
Rappelons que le Droit
communautaire tend clairement à promouvoir, depuis le début des années 1990,
la libre circulation des services assuranciels et, notamment, de deux services
appelés, l’un assurance-maladie, l’autre assurance-vie à capital variable,
ce qu’on appelle généralement retraite par capitalisation.
Très logiquement aussi et comme
la double assurance d’un risque unique est source de fraude, deux directives
européennes du Conseil (directives 92-49 et 92-96), c’est-à-dire signées
par les Etats, y compris la France dont le gouvernement était alors socialiste,
arrêtèrent en 1992, comme conséquence de la libre circulation et de la libre
concurrence, la suppression explicite de tout monopole «au
plus tard le 1er juillet 1994».
Ceci implique(rait) logiquement le libre
choix de l’affiliation.
Dans la pratique, ces excellentes dispositions n’ont pas prévalu, dans notre
pays, pour de multiples raisons, essentiellement franco-françaises.
Il suffit donc d’une volonté politique claire pour qu’enfin les Directives
Européennes 92-96 et 92-49 soient applicables en France et que tous les
Français accèdent au libre choix de l’affiliation.
L’expérimentation est, là aussi, possible soit sur une partie de l’hexagone,
soit sur une partie de la population française : les professionnels
indépendants
-
1ère SOLUTION :
Ouvrons le marché de l’assurance maladie aux prestataires européens d’assurances,
mais aussi suisses, japonais, nord-américains, etc..
Seule la diversification de l’offre
d’assurance permettra d’adapter le produit d’assurance maladie aux
besoins de nos compatriotes et aux évolutions de la médecine.
2ème SOLUTION :
La solidarité nationale
consiste à soigner les indigents, pas à subventionner des assureurs.
La loi future de décentralisation, annoncée par le gouvernement
Raffarin, prévoit un droit à l’expérimentation : il serait nécessaire que
l’expérimentation soit possible dans le domaine de l’assurance maladie, dans
la mesure où, très clairement, les problèmes de santé et les pathologies ne
sont pas uniformes selon les régions.
Utilisons les régions pour
expérimenter de nouveaux concepts d’assurance maladie, ainsi que différents
modèles de solidarité associatifs, confessionnels, communautaires, privés
et/ou publics.
3ème SOLUTION :
Donner aux professionnels de la santé
des notions d’économie et de gestion, et favoriser l’éclosion de l’entreprise
dans leurs rangs notamment par l’amélioration du dossier des Sociétés d’Exercice
Libéral englué par les structures intermédiaires
Ces pistes et d’autres existent, il faut les
explorer dans un esprit de liberté.
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