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L'économie française déjà en vacances :
Croissance dans le rouge, moral des ménages à zéro, commerce extérieur effondré, sans parler du chômage qui ne s'améliore pas
vraiment, osons regarder ce qui nous attend à la rentrée grâce au site des économiques libéraux www.Lib.org
Recul de la production industrielle
Dernier indice connu, celui de l'activité industrielle, publié par l'INSEE. En avril, le recul, tous secteurs
confondus, atteint 1,4%.
Si on calcule la production industrielle hors énergie et industries agricoles et alimentaires, la baisse est encore de 0,7%.
En un an, (trois derniers mois comparés aux mêmes trois mois de l'année précédente) la hausse n'est que de 0,1% pour l'indice d'ensemble -autrement dit une
quasi-stagnation- et de 0,4% hors énergie.
Certains secteurs sont quasi-sinistrés, comme l'automobile, qui recule de 10% entre février-avril 2005 et février-avril 2006. Même les biens de consommation
ont vu leur production diminuer de 0,8% en un mois.
Manifestement, ce n'est pas un accident, car l'évolution du produit intérieur brut dans son ensemble a été moins importante que prévu et beaucoup moins que
les cocoricos ministériels ne le laissaient entendre.
La hausse du PIB n'a été que de 0,3% au dernier trimestre 2005 et de 0,5% au premier trimestre 2006, soit moins que dans la zone euro, pourtant sinistrée par
rapport à l'Amérique ou à l'Asie.
Commentaire du Monde « Croissance décevante, en France, en début d'année ». Commentaire du Figaro « Le rebond de la croissance moins fort que prévu »
Pire : la croissance du PIB pour 2005, qui avait été annoncé à 1,4%, ce qui est extrêmement faible, aura finalement été, tous calculs faits, de 1,2%.
Ce sont surtout les entreprises qui se portent mal et l'investissement stagne ou recule suivant les secteurs.
Les dépenses d'équipement ont reculé de 0,1% au début de l'année et le taux de marge est trop faible, en raison de la pression excessive des coûts.
Quant au pouvoir d'achat, conséquence de ce ralentissement général, il s'est lui-même ralenti en 2005. Et le taux d'épargne des ménages a en conséquence
baissé d'un point, passant de 15,8% à 14,9%.
Le moral des ménages en chute libre
Résultat de toutes ces mauvaises nouvelles, les Français sont inquiets.
L'enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages publiée par l'INSEE pour le mois de mai montre un nouveau recul de leur moral.
Le solde entre les réponses positives et négatives est nettement déficitaire, puisqu'il se situe à -30.
On ne devrait pas parler d'un moral à 0, mais d'un moral fortement négatif.
Or cela intervient après un rebond sensible pendant l'hiver.
L'opinion des ménages sur l'évolution de leur situation économique s'est donc brusquement dégradée.
On sait que cette opinion a une grande influence sur la conjoncture économique future, car les ménages, comme les entrepreneurs, adaptent leur comportement à
leurs anticipations et à leur moral.
Le niveau actuel est très bas et très inférieur à la moyenne de longue période.
Autre signe de dégradation : l'évolution dramatique de notre commerce extérieur
Certes, nous savons qu'un déficit du commerce extérieur en soi n'a pas beaucoup d'importance, surtout dans une situation où la
monnaie n'est pas influencée par son solde (en raison de l'euro).
Sur douze mois, le déficit cumulé est de 24,54 milliards d'euros, record historique (L'Allemagne a un excédent de 155,7 milliards, signe d'une meilleure
compétitivité).
En dépit de la baisse de nos achats énergétiques, le déficit d'avril est de 2,28 milliards pour un seul mois.
Nous sommes sensibles au moindre événement et la coupe du monde de football, entraînant une envolée des achats d'écrans plats, a contribué à creuser notre
déficit. Le problème n'est pas tant que nous importions plus, (11,3% d'importations en plus en un an, tout de même !) mais que nous soyons incapables de
suivre au niveau des exportations.
Sans le dynamisme des ventes d'airbus (25 pour 12,8 milliards d'euros) et une commande exceptionnelle de portables par les Polonais et les Espagnols, la
situation aurait été encore pire.
Ce n'est pas ce budget qui nous sortira de l'ornière
Quant à la situation des finances publiques, on connaît le problème : trop de dépenses, trop d'impôts, trop de déficit,
trop de dettes.
Il y a quelques jours, l'agence de notation Standard & Poor's soulignait que si rien n'était fait pour redresser la situation les obligations de l'Etat
français auraient perdu leur triple A en 2020 et seraient dégringolées au rang de « junk bonds » (obligations pourries) en 2030.
L'explosion qui se poursuit des dépenses publiques et en particulier des dépenses sociales ferait passer la dette publique à 223% du PIB au milieu du siècle :
une situation explosive et impensable. Et même à 271% en cas de prime de risque !
Le budget pour 2007 permettra-t-il de redresser la situation ?
Tout d'abord, le problème de notre économie n'est pas seulement budgétaire.
Des réformes de fond s'imposent, sur le plan des structures, des privatisations, de la concurrence, du système de protection sociale, de la conception de l'Etat,
de l'ouverture des frontières, du marché du travail : ce n'est pas un budget, même excellent, qui va régler tout cela.
Mais le budget 2007 va-t-il au moins dans la bonne direction ?
Certes, pour la première fois, les dépenses vont diminuer en volume, c'est-à-dire en termes réels, puisqu'elles augmenteront de 0,8% seulement en valeur, pour
une inflation de 1,8%.
Mais il aurait fallu aller plus vite et plus loin : on assez parlé- les syndicats se sont fait entendre- de la diminution de 15 000 du nombre de
fonctionnaires : c'est trois fois plus que l'an dernier (5318), mais ce n'est même pas 20% des départs en retraite de l'année (85 000) et pas même 1% du
nombre total de fonctionnaires. Il aurait fallu aller beaucoup plus loin pour que les dépenses diminuent même en valeur.
Et les collectivités locales continuent à embaucher
Mais que dire du coté des recettes : rien n'est annoncé, pas de baisse sensible des impôts, pas de modification
nouvelle du barème et de sa progressivité, en dehors de la réforme annoncée l'an dernier (tranche maximale à 40% plus la CSG, mais plus de diminution de 20%
de recettes).
Or la baisse des impôts est la clef de la croissance et de l'emploi : sans baisse des impôts, pas de développement de l'offre.
Voilà pourquoi l'économie française restera en vacances et ce n'est pas ce budget qui la sortira de cette situation.
Au pays des 133 heures de repos obligatoires, tout est à craindre à la rentrée.
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